C’est une sensation de liberté EXTRAORDINAIRE de pouvoir produire seul ce qui nécessitait dix personnes avant l’IA. Mais y a un mais.
Le vibe working fait ce qu’il promet : l’IA absorbe les frictions, les allers-retours, les désaccords qui s’étiraient sur trois réunions pour se conclure par un compromis boiteux. Plus de perte de temps. Finis, les conflits entre le commercial qui veut sortir le projet en début de semaine prochaine, la tech qui refuse de signer pour une architecture bancale, l’UX qui veut tout reprendre à zéro, la strat qui sait tout mieux que tout le monde et puis la data qui… a raison, car nous avons toujours raison.
Mais les projets qui auraient capoté il y a 5 ans, ceux que le vibe working sauve, n’auraient peut-être pas (tous) mérité d’échapper à Darwin : la friction aurait démontré que leur coût était trop grand pour leur bénéfice. La friction n’est pas seulement un coût de productivité, elle faisait également le travail de sélection naturelle dans l’entreprise.
On se retrouve noyés sous les idées presque bonnes, converties en deux semaines en POCs propres, documentés, démontrables… et qui ne seront jamais mis en production. Ne serait-ce que parce qu’elles n’auront pas coûté assez pour que quelqu’un se batte pour les défendre. La friction, c’est aussi ce mécanisme brutal qui force les projets à prouver leur solidité avant d’aller plus loin. On a supprimé le filtre en supprimant le goulot d’étranglement.
Sans friction, moins d’interactions, donc moins de mémoire collective. Tout va plus vite, mais dans une direction qu’on n’a plus l’occasion de décider collectivement.
Alors comment protège-t-on la friction sans reperdre la liberté qu’on vient à peine de gagner ? Aucune idée.