L’IA qui court-circuite le parcours d’achat, pour comparer les prix et farfouiller dans la fiche produit, devrait terminer de rationaliser la consommation. Alors pourquoi diable les gens d’OpenAI eux-mêmes se paient-ils un spot télé en 35 mm, et sans IA dedans encore ?
Ça fait 10 ans que je regarde avec tristesse le média planning saucissonner, grâce à des gens comme moi, les audiences en lamelles de plus en plus fines, et la com dégringoler tous les étages jusqu’en bas du funnel : un produit, une offre, un trigger d’achat. La marque devient une vieillerie inutile, dès lors que les données prédisent si bien le comportement humain. On est capable de croche-patter le consommateur au bon moment, avec l’information quasi parfaite dont il a besoin pour se décider. Pas inspiré, pas inspirant.
Mais ce que je n’avais pas vu venir, c’est que, dès lors que le GEO a été correctement géré, la pub tactique perd de sa valeur : le consommateur filtre les critères objectifs avec l’IA, et se retrouve toujours avec 2-3 options proposées, toutes valides. Et là, comment il tranche ? Je doute qu’il choisisse la meilleure option : il n’y a que les profs de micro-économie pour croire qu’on consomme pour maximiser sa fonction d’utilité. Il choisira ce qui lui fait envie. Ça pourrait bien faire remonter la pub vers le branding et la création du rêve associé à l’objet.
Je rêve d’une Super 5, moi. Ne me jugez pas. Objectivement, un tas d’options font mieux mais, comme plein d’autres, c’est la nostalgie, l’histoire de Renault habilement revisitée qui me tire par la manche, pas la fiche technique.
La modernité fait marche arrière, et les maisons de luxe, qui n’avaient pas d’autre choix que de créer le désir de toute façon, regardent tout le monde revenir.